Lilian Thuram l'avait souligné: une défaite en finale de coupe du monde face aux italiens signifierait un véritable cauchemard pour les futurs retraités du ballon rond français. Ce scénario catastrophe s'est malheureusement produit hier, avec en point d'orgue l'expulsion fracassante de Zinédine Zidane pendant les prolongations qui ferait presque oublier la victoire aux tirs aux buts de valeureux  italiens.

Tout commence pourtant comme dans un rêve pour les hommes de Domenech. On joue alors la 7ème minute de la 18 ème finale de coupe du monde quand Florent Malouda obtient un pénalty généreux sur une faute présumée de Materazzi. Le défenseur nerazzuro ne le sait pas encore, c'est le début du match de sa vie. C'est Zinédine Zidane, jouant là son dernier match de footballeur professionnel, qui s'avance face à Buffon, le meilleur gardien du monde, un roc.  Plus d'un milliard de téléspectateurs suivent en direct ce moment historique, plus de soixante dix mille spectateurs privilégiés se sont tassés dans l'Olympia Stadium de Berlin. Des centaines de milliers d'observateurs avisés savent que le numéro 10 français s'apprête , comme à son habitude, à croiser sa frappe de son pied droit, à mi hauteur, assez fort. Buffon le sait lui aussi, mieux que quiconque d'ailleurs. Au coup de sifflet de M Larrionda, il plonge parfaitement sur sa droite et se voit presque déjà repousser le cuir des poings, qu'il tient bien serrés. Las, le meneur de jeu français réalise soudaint le geste improbable, une panenka! , véritable caresse du ballon, une frappe de balle piquée, entre feinte de tir  et pichenette insolente. La barre transversale tremble, le ballon rebondit derrière la ligne et le chef d'oeuvre est validé, la fête peut presque commencer!

Le coup est presque parfait, trop peut être.Le monde entier est alors persuadé que le scénario de la demi finale va se reproduire. La défense de fer française ne tremblera pas et les Italiens peu à l'aise dans le rôle de "faiseurs de jeu" vont se découvrir et s'exposer aux contres. Mais les bleus vont vite déchanter. A la 19' Pirlo, sur corner, déposait un ballon parfait pour Materazzi qui devanca Vieira de la tête pour tromper Barthez immobile sur sa ligne de but. Materazzi était tout proche du doublé sur le même type d'action mais sa tentative était repoussée in extremis par Thuram. Luca Toni, toujours sur corner, trouvait lui la barre transversale, la domination transalpine était à son comble. La mi temps tombait à point nommé pour des bleus au bord de la rupture.

La seconde période, et pour ne pas les cacher plus longtemps, les prolongations mirent en exergue les limites du football moderne. Disputée sur un ton lent et monocorde, les joueurs des deux équipes craquèrent complètement physiquement. Déjà bridés par l'enjeu colossal, les joueurs étaient en plus marqués par une fatigue inéluctable après une saison interminable et une coupe du monde jouée sous la chaleur allemande. Les français étaient malgré tout les plus alertes et la possession de balle était quasi sans partage. Les occasions elles, étaient plus rares, et il fallut attendre les prolongations, pour voir Ribery (99') et Zidane (104') inquiéter l'ininquiétable Buffon.

Le drame de cette finale devait alors se produire. Au sortir, d'un duel sur corner musclé avec Materazzi, Zidane sans doute insulté, vit  soudain rouge et assena un coup de tête dans le plexus du géant italien. La torpeur gagna alors le monde du football, son plus brillant représentant venait de commettre l'irréparrable. C'était la fin du mythe Zidane. Un point final prématuré, provoqué par un joueur quelconque, un futur anonyme du football, une brute épaisse sans relief. Ce joueur dénué de tout génie avait fait son oeuvre et le monde entier prenait de plein fouet la cruelle réalité, Zidane le magicien n'est plus.

Les tirs aux buts virent les italiens triompher, trezeguet leur bourreau de l'euro 2000 étant le seul à échouer dans sa tentative.

La victoire Italienne, elle, la 4ème de leur histoire n'est sûrement pas usurpée et le mérite de ce triomphe ne souffre d'aucune contestation sur l'ensemble du tournoi.

Seulement voilà, la sortie de Zidane aura gâché la fête du football annoncée. Seuls les italiens se réjouissent aujourd'hui. Des Italiens, l'infâme Materrazzi en tête,  qui saluent là curieusement un joueur qui a tant apporter à leur football en éblouissant leur calcio.

L'Italie rit , elle est bien la seule.

 

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